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Journées d’été
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26 août 2008

Journées d’été - Toulouse

Lettre aux adhérent-e-s vert-e-s

par Cécile Duflot, secrétaire nationale

Toulouse, le 22 août 2008,
Chers toutes et tous.

Quatre ans après, Toulouse accueille cette semaine un nouveau rendez-vous pour l’écologie politique. Vous m’avez confié, lors de notre dernière Assemblée Générale, les responsabilités de mener et d’organiser les Verts dans une période tourmentée. Deux ans après, il est temps d’en tirer le bilan et d’en nourrir nos analyses politiques. Pourtant la période qui s’ouvre ne nous permet pas de figer trop longtemps notre regard dans le rétroviseur. Les mois qui viendront seront marqués par la poursuite de l’offensive du gouvernement : premières lois issues du Grenelle de l’Environnement, poursuite de la casse du droit social, restriction des libertés publiques. Cela nous oblige à apporter des réponses à une société désemparée. L’urgence des crises écologiques, qui fait consensus parmi les experts, nous oblige à agir vite. Les prochaines élections européennes, avec la campagne du Parti Vert Européen, seront l’une des premières échéances pouvant être porteuses d’alternatives.

Ce n’est pas un mystère, les deux années écoulées ont été souvent difficiles. D’abord politiquement, avec le départ de militants vers d’autres horizons politiques, mais aussi parfois sur le plan personnel. Il n’est pas tous les jours simple d’être Secrétaire Nationale des Verts même si j’y ai aussi pris de grands moments de plaisir notamment lors des campagnes aux côtés de beaucoup d’entre vous. J’ai aussi apprécié la bonne humeur, la solidité et le sens de l’engagement collectif des membres du Collège exécutif qui ont été présents tout au long de ces années. Pourtant, avec le recul et le relatif calme de l’été, je reste convaincue que le cap fixé à Bordeaux, nous a permis de stabiliser notre mouvement et de maintenir une parole écologiste au milieu d’un tourbillon politique. Cette stabilisation avait pour but – et je l’ai souvent répétée – de se donner la possibilité de prendre un nouvel élan, c’est ce que nous allons maintenant faire.

La nécessité d’une écologie politique debout ne fait aujourd’hui plus de doute. De la crise majeure de la biodiversité à celle des subprimes en passant par la galopante hausse des prix du baril de brut, c’est une crise globale à laquelle nous faisons face. Ce n’est plus une écologie d’annonciation ou de dénonciation qu’attendent les citoyens, mais une écologie de propositions et de solutions. L’urgence environnementale est aujourd’hui au coeur des consciences. A nous d’en souligner la multiplicité des conséquences et d’y apporter les réponses politiques appropriées. Cette écologie doit s’adresser d’abord à ceux qui en subissent directement les conséquences, à ceux qui, bien qu’inquiets de l’état de la planète, se préoccupent d’abord de l’augmentation du prix de l’essence à la pompe. Cette conviction partagée dans notre mouvement est le fondement d’un consensus vert.

A quelques mois d’une Assemblée Générale, il peut paraître étrange de parler de consensus . Nous le savons, il est de coutume de rompre ou de cliver à l’approche de nos échéances internes. Ce moment de démocratie est essentiel. Il doit se passer cette année dans des conditions apaisées. Apaisées parce que, suite à la réforme de notre fonctionnement menée par la majorité sortante, nos règles nous donnent les moyens de ne pas céder à nos mauvaises habitudes. Mais aussi, parce que l’opposition à Nicolas Sarkozy , dans son ensemble, ne parvient pas à répondre au désarroi des Français. Les écologistes se doivent de fournir un message de clarté et de travailler à leur projet. Cette Assemblée Générale n’est pas un objectif en soi, mais doit être le moment où nous devons nous rassembler autour d’un projet et lui donner sens.

Les élections européennes seront la première étape de ce rassemblement. Nous sommes nombreux à avoir fait le constat qu’il est temps et le pari qu’il est possible de rassembler tous les acteurs de la transformation écologiste autour d’un projet commun. Nous en voyons le chemin, sans doute escarpé, mais passionnant. Car si les mots « rassemblement » et « ouverture » ne sont pas nouveaux pour les Verts, tant l’accélération de la crise écologique que sa prise de conscience par la société, nous obligent à passer aujourd’hui des paroles aux actes. Alors que cet objectif semble être largement partagé dans notre mouvement, j’ai la volonté comme vous tous de tout faire pour qu’il aboutisse dans la cohérence. Il se fera en lien avec le Parti Vert Européen, au sein de notre campagne commune, avec un projet partagé au-delà des frontières pour l’Union Européenne. Cette ouverture ne doit pas non plus se limiter à un objectif électoraliste. C’est dans la durée que nous voulons construire avec les autres défenseurs de la planète. Le rassemblement des écologistes ne s’arrête pas un soir de juin prochain après l’élection européenne. Au-delà de 2009, la crise écologique sera malheureusement toujours présente quand viendra le temps des élections régionales. Elle le sera encore quand viendra celui de remplacer Nicolas Sarkozy et l’actuelle majorité et d’offrir le choix d’une réelle alternative écologique, dans la clarté, face à tous les chantres de la croissance, de droite comme de gauche.

Nous devons être conscients que nous ne pouvons avoir l’ambition de contribuer au rassemblement des écologistes sans en même temps nous rassembler nous même, ce qui ne veut pas dire éluder le nécessaire débat. Comment prétendre rassembler par la division de son propre mouvement ? Il n’y a pas de détenteur du rassemblement des écologistes mais il y a un chemin commun. Il y a des rassemblements qui se rêvent, et des rassemblements qui se font.

C’est la question de ce rassemblement au-dedans et au-dehors des Verts, qui se pose en vue de notre prochaine Assemblée Générale. Il doit nous donner l’opportunité de réussir l’ouverture pour convaincre la société. Nous devons donc aussi trouver les moyens d’un rassemblement cohérent, à l’intérieur de notre mouvement, à la fois engageant pour chacun et qui ne fait pas fi des débats politiques légitimes et utiles. Il ne s’agit pas de se satisfaire de ce qui pourrait paraître un unanimisme sans contenu - chacun sait d’ailleurs que ce n’est pas dans mes habitudes - mais je souhaite que toutes celles et tous ceux des Verts qui veulent cette large ouverture pour faire grandir le projet de l’écologie politique puissent travailler dès aujourd’hui à une synthèse large le 6 décembre à Lille, et même dès le premier tour pour celles et ceux qui seront disponibles.

Je suis prête aussi à m’y engager personnellement, dès maintenant, avec celles et ceux qui le souhaiteront, de Toulouse à Lille, et pour les années qui viennent.

Avec toute mon amitié,
Cécile Duflot


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