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CNIR
Les Verts
rapport

27 juin 2005

Rapport politique

Intervention de Yann Wehrling, Secrétaire national

CNIR DES 17-19 JUIN 2005

CNIR des 17, 18, et 19 juin 2005

Je voudrais commencer ce rapport en pensant à Florence Aubenas et Hussein Announ qui ont été libérés depuis une semaine. Les Verts s’en sont immédiatement félicités et c’est même avec une certaine émotion que les militants verts avec qui j’étais, dimanche dernier, en Aquitaine, pour leurs journées de printemps, ont applaudi la nouvelle quand elle est tombée. Passer plus de 150 jours les yeux bandés dans une cave et vivre sans savoir si on survivra relativise bien des choses… j’espère que nous y penserons tous durant ce week-end.

Je veux évidemment également rappeler que d’autres otages continuent d’être privés de leur liberté, comme Ingrid Betancourt et Clara Rojas par exemple.

Depuis notre dernier CNIR en mars, l’essentiel de l’activité du CE fut de mener la campagne du référendum. Le rapport politique que je vais faire portera donc essentiellement sur cette question. Mais avant de commencer, je voudrais remercier et vous associer à ces remerciements, Danièle Auroi, qui a fait un énorme travail de pilotage politique de cette campagne.

Je voudrais également remercier Toufik Zarrougui qui, en tant que trésorier de la campagne, a passé de longues heures à gérer un budget important. Je voudrais remercier Ludovic Bu, qui, embauché pour faire cette campagne, n’a pas compté ses heures pour répondre aux nombreuses missions qui étaient les siennes.

Cette équipe n’aurait par ailleurs pas pu agir sans le soutien de tous les membres du CE qui ont joué le jeu de la campagne en faveur du oui, de la quasi totalité des animateurs nationaux (parlementaires et autres élus) du parti qui se sont investis dans les meetings pour défendre ce Traité, et évidemment les salariés du siège qui ont activement collaboré pour que cette campagne se déroule bien. Je remercie l’équipe de Sinople qui a largement nourri notre campagne, à la fois sur le fond et dans l’organisation. Je voudrais enfin remercier toutes celles et tous ceux qui, dans les régions, se sont investis pour défendre le oui des Verts.

Toutes ces personnes ont travaillé dans des conditions parfois difficiles, dans un contexte souvent conflictuel et tendu. Mais malgré la fatigue et les grincements de dents, tout le monde a gardé son calme et je crois que nous pouvons nous féliciter d’avoir pu mener une campagne durant laquelle nous avons su minimiser nos divergences. Pour les Verts, c’est un point important à noter en terme de maturation.

Voici maintenant 19 jours, une majorité des citoyens français ont rejeté massivement le Traité Constitutionnel européen.

Dès le soir du 29 mai, les Verts ont reconnu l’ampleur de ce rejet. Le débat européen a traversé toutes les familles et nous nous félicitons que les enjeux européens aient réellement passionné les citoyens.

Ayons la modestie d’admettre que ce débat référendaire n’a pas été la seule propriété des partis politiques. C’est véritablement partout que chacun s’est emparé de ce débat : dans la famille, au travail, entre amis. Preuve en fut la participation au vote.

Les citoyens s’intéressent à l’Europe. Mais en même temps, depuis Maastricht, jamais l’Europe n’a été autant ressentie comme une entité lointaine qui travaille en secret. Bien sûr, toute la classe politique en porte la responsabilité. Nous les Verts, ne sommes pas forcément exempts de la critique même si nous n’avons jamais joué avec le feu en pointant cette Europe comme si elle agissait seule alors que nous connaissons les rouages dans lesquels nous sommes d’ores et déjà. Que n’a-t-on, pendant des années, par exemple, accusé l’Europe de maux dont les gouvernements étaient seuls responsables ?

Plus qu’avant, en tout cas, il nous faudra "européaniser" notre discours.

Mais ce résultat fut avant tout un coup de tonnerre. Un des pays fondateur de l’Europe a dit non à ce qu’est devenu l’Europe aujourd’hui et à la direction qu’elle semble prendre.

Une majorité des Français nous ont dit qu’ils ne comprenaient plus vers où cette Europe voulait aller. En 1992, pour Maastricht déjà, la gauche promettait l’Europe sociale. Depuis, il y a eu l’euro, et le sentiment fort que l’euro a détérioré le pouvoir d’achat.

"Nous sommes tous des plombiers polonais" veut déclarer Denis Baupin dans sa tribune publiée il y a deux jours dans Libération. En effet, on a très envie de dire cela car "le plombier polonais", image de l’ouvrier des pays entrants qui travaille pour un salaire et une protection sociale moindre, a surgi d’on ne sais où dans le débat référendaire. Peu importe qui a joué avec ce spectre. Ce que cela cache est que les Français ont formulé une inquiétude vis à vis de cet élargissement mal expliqué et donc mal compris. "Que nous cache-t-on avec cet élargissement ?"… "ne serait-ce pas un nivellement vers le bas tel que le voudraient certains libéraux anglo-saxons ? " aurait-on peu entendre.

Que nous partagions ou pas cette analyse, et j’ai personnellement tenté de contre argumenter cela durant la campagne quand la question surgissait, la réalité est que l’Europe a été perçue, avec l’élargissement comme circonstance aggravante, comme une entité non seulement incapable d’offrir des garanties de protection sociale et de revenus, mais pouvait même être la cause d’aggravation.

Il faut défendre le "plombier polonais" car il n’y a rien qui soit pire que le repli souverainiste. Mais notre revendication est de proposer au plombier polonais de voir son salaire et sa protection sociale s’aligner sur celle du plombier français. Sans quoi, si aucune réponse n’est formulée, ce vœu généreux à l’égard du plombier polonais, partagé par bien des électeurs de gauche, pourrait bien laisser la place à un rejet de ce même plombier… rejet peut-être même violent car il sera teinté de xénophobie au sein même de l’Union.

Si nous voulons bien admettre ce message, confirmé par le fait qu’une nette majorité, selon plusieurs instituts de sondages, des électeurs du non ont été des électeurs de gauche, il faut que la gauche réponde très vite, par des propositions, aux craintes des gens.

Mais rien n’est gagné parce que la France a dit non. Hier, à 3 semaines de notre vote, les arbitrages ont été faits au Conseil européen. Blocage général, statu quo sur Nice, gel budgétaire.

Dans les semaines et mois qui viennent, comme nous pouvions le craindre car nous connaissons les rapports de force politiques actuels, l’enjeu sera de savoir qui, après le "non" français et néerlandais, prendra la main : le versant libéral modèle anglo-saxon ou la gauche européenne ? Malheureusement, hier, à Bruxelles, ce sont ceux qui ne veulent qu’un grand marché qui ont gagné.

Les derniers signaux sont donc au rouge : Blair prend la main avec une Europe qui est très exactement le contraire de ce que nous voulons. Nous avons le choix : soit regarder passer les trains, soit ALLER DE L’AVANT

Dès lors, rester sur des revendications d’avant le 29 mai devient dérisoire. Je le dis là autant aux partisans du oui qu’à ceux du non. Les électeurs de gauche, mais aussi et surtout notre propre électorat, n’attendent pas de ce CNIR qu’il s’attarde sur le fait de savoir qui a eu raison.

J’ai défendu, non seulement par conviction personnelle, mais aussi et surtout parce que les Verts l’ont décidé ainsi, le "Oui" à un Traité qui me semblait un bon compromis. Je continue de le penser. Mais je pense aussi que, en l’état actuel de la crise européenne, la question n’est plus de réaffirmer cela. La question est de faire des propositions, de les faire connaître, et de demander à la gauche qui veut, avec nous, aller de l’avant, de les partager avec nous.

Cette interpellation à la gauche, politique, mais aussi syndicale et associative, il faut qu’elle soit sans exclusive. Les électeurs verts, et plus largement les électeurs de gauche, et aussi tous ceux qui croient en l’Europe, attendent de nous une unité d’action pour que l’Europe ait une Constitution, … une Constitution qui insuffle un projet partagé par une majorité des citoyens et qui, surtout, réponde très concrètement aux inquiétudes sociales.

Mais soyons clairs, si nous voulons que le souverainisme, y compris celui de gauche, recule, et que le fédéralisme l’emporte, il faut vérifier les convergences sur ce point. Il n’est pas question de faire comme si tout le monde était à nouveau d’accord. Non, il faut au contraire dépasser les a priori, et poser sur la table nos idées et notre vision verte de la construction européenne. C’est dans le détail que nous vérifierons sur quoi nous allons pouvoir avancer ensemble.

Par exemple, nous pouvons, sans attendre, proposer que les seuls aspects institutionnels contenus dans le TCE fassent l’objet de validations rapides par les 25 États. Tout le monde, à gauche, en France en en Europe, est-il d’accord avec cela ? J’ai envie de le vérifier.

Si nous voulons par ailleurs que l’ultralibéralisme ne prenne pas la main comme cela semble être le cas depuis le 29 mai, nous devons, là aussi, que la gauche européenne "se bouge".

Nous n’avons pas besoin d’un catalogue, nous avons besoin de priorités d’actions pour parer au plus urgent.

Il faut évidemment que l’Union redéfinisse ses politiques et ses objectifs pour répondre aux inquiétudes sociales et environnementales.

Les directives à caractère ultra-libéral qui ont heurté tout le monde, telle que la directive Bolkestein - ou ses suites - doivent être revues. A contrario, les directives qui offrent des réponses claires aux dangers sur la santé et l’environnement telle que la directive Reach doivent être poussées et ne plus faire l’objet d’obstruction de la part des États sensibles aux lobbys de l’industrie chimique. N’oublions pas pour autant que le gouvernement français n’a pas attendu ces directives pour agir dans un sens particulièrement anti social et anti environnemental.

Mais soyons bien conscient qu’il y a urgence à ne pas rester spectateur. Ce qui s’est passé au Conseil est à peu près le pire de ce que nous pouvions imaginer : LA PARALYSIE EUROPÉENNE : on en reste à Nice et on tend au blocage budgétaire !

Pour ce qui est des conséquences internes :

Bien sûr, nombre d’entre vous voudront revenir sur notre campagne et la responsabilité des Verts dans le résultat.

Je pense que notre responsabilité n’est pas des plus importantes, car j’ai dit, il y a quelques instants, que les citoyens avaient largement pris en main ce débat sans attendre l’avis des partis. Danièle Auroi, par ailleurs développe une analyse que je partage dans son bilan. Et j’admets évidemment que nous n’avons pas été aussi audibles que nous le souhaitions.

Mais tout de même, pas trop d’auto flagellation. Les Verts ont décidé et défendu le OUI. Nous l’avons fait sans hésitations, avec des documents nombreux et de qualité, et des argumentaires dont beaucoup ont souligné la qualité et l’originalité.

Je voudrais dire au passage que je pense qu’il est hasardeux, sur la base de quelques sondages (ne disant pas tous la même chose, et qui concernent un échantillon très faible d’électeurs verts), qu’il y aurait matière à remettre en cause nos orientations générales. Notons surtout que ces sondages disent que c’est notre électorat qui s’est le plus abstenu (près de 45%) !

Dans cette campagne, j’ai aussi remarqué que le déficit de débat européen, réel depuis plusieurs années en France, a aussi touché l’interne des Verts et nos propres militants. Ces derniers, bien que très motivés, n’ont pas disposé des informations suffisantes pour développer leurs arguments, notamment quand il s’agissait de parler du fonctionnement de l’Union européenne. On ne peut demander à tous d’être experts en droit européen, mais sans que cela soit forcément assumé ou volontaire, porteurs du oui ou porteurs du non basaient souvent leurs discours sur des informations erronées.

Le respect des règles internes pose évidemment un problème pour notre parti.

Reconnaissons que la direction nationale des Verts a fait en sorte que nos divisions internes ne s’étalent pas sur la place publique et nous avons très tôt refusé des règlements de compte qui auraient encore nuit davantage à notre communication et notre image.

Certains vont avoir beaucoup d’arguments pour justifier les entorses multiples à nos statuts ou aux décisions du CNIR qu’ils ont commises.

Il n’en demeure pas moins que je dois m’interroger et vous interroger sur ce problème épineux qui consiste à ce que nous prenions des décisions, et que certains de ceux qui ont pris ces décisions les bafouent. J’insiste d’autant plus sur ce point auprès de ceux qui, ayant des objections sur des décisions majoritaires, oublient un peu vite que c’est la même démocratie interne qui leur a permis d’être désigné aux mandats externes qu’ils occupent aujourd’hui et grâce auxquels ils ont un pouvoir de parole.

C’est donc notre démocratie interne que nous devons interroger et je suis tout disposé à y réfléchir. Mais à l’évidence, il n’y a que deux solutions : les sanctions massives ou un changement de culture qui laisse la place à une vraie discipline de groupe, seul moyen d’être fort et entendu, non seulement auprès des électeurs, mais aussi auprès de nos partenaires.

Pour ceux qui me connaissent, je préfère évidemment la seconde solution, mais cela veut dire que j’invite tous ceux qui aujourd’hui portent la parole des Verts, soit par leur responsabilité interne, soit par leur mandat d’élu, à y réfléchir et faire les efforts en conséquence pour aller tous dans ce sens.

Notre POSITIONNEMENT POLITIQUE EST-IL REMIS EN QUESTION ?

Permettez-moi de noter que dans ce débat, j’ai eu le sentiment de faire un bond en arrière où, ici ou là, on nous balance entre autonomie politique et désir de faire un choix entre deux gauches… la radicale et la sociale démocrate.

Je pense avoir été élu au poste que j’occupe pour nous unir et dire que c’est notre parti et notre identité qu’il faut construire et non celle des autres.

Oui nous avons des partenaires, oui, nous avons des convergences avec eux, oui le PS est notre partenaire principal quasiment partout où nous avons des élus qui sont à la gestion, oui la gauche critique a des proximités avec nous sur le terrain social… Et alors ?

Cela nous empêche-t-il d’avoir notre propre identité ? Ce n’est pas parce que j’ai défendu le oui que je partagerais soudainement le même projet de société que tous ceux qui ont défendu le oui à gauche. De même, je sais - et cela finira rapidement par se voir - que ce n’est pas parce que certains d’entre vous ont défendu le non dans des collectifs unitaires que vous partagez le même projet de société de toute la gauche du non.

Si les Verts ont fait une campagne autonome, c’est pour cette raison. C’est aussi pour cette raison que les "écologistes" pour le non auraient du faire une campagne autonome… n’est-ce pas ?

Je voudrais maintenant répondre à ceux qui nous reprochent d’avoir été présents avant hier au rassemblement qui fut appelé par des organismes ayant défendu le non.

Tout d’abord, je rappelle encore une fois que nous n’avons pas signé l’appel qui a invitait à ce rassemblement. Nous avions fait notre propre communication en précisant que nous y allions pour interpeller les manifestants afin de renouer le dialogue.

Nous reproche-t-on d’avoir ouvert le dialogue entre la gauche du oui que nous sommes et la gauche du non ? Je ne le pense pas au fond car c’est un dialogue souhaitable. J’ai le sentiment qu’on nous reproche le tempo… à savoir d’avoir entamé ce dialogue trop tôt.

Le calendrier est ainsi fait que le 16 est avant le 18… à savoir avant notre CNIR. Le CE est dans la logique d’un dialogue. C’est ce que nous vous proposons de confirmer dans une motion d’urgence. Cette logique n’est évidemment pas à sens unique. Je pense que nous devons rencontrer rapidement le PS et le PRG. Je serais ravi de pouvoir convaincre François Hollande, Jean-Michel Baylet, et Marie Georges Buffet de nous retrouver autour d’une même table pour envisager une rencontre plus large des gauches européennes. Nous pourrions nous appuyer pour cela sur nos groupes parlementaires au Parlement européen. Car encore une fois, voulons-nous laisser la droite libérale prendre la main au niveau européen ou voulons-nous que la gauche européenne se mobilise pour contrer l’offensive libérale et les égoïsmes nationaux aujourd’hui bien réels ?

Dès lors, ne nous trompons pas d’objectifs ! Il nous faudra sans doute encore quelques temps pour tirer le bilan du vote du 29 mai et nous devons agir au plan européen pour sauver le principe de la Constitution.

ET PENDANT CE TEMPS, les problèmes environnementaux et sociaux s’aggravent

Après avoir dit non au TCE pour des raisons sociales, Jacques Chirac répond en maintenant le cap et, par la voix de sa fidèle ombre, Dominique de Villepin, qui offre comme seule politique de l’emploi le CDI de 2 ans, le flicage des chômeurs, et une remise en cause programmée du code du travail.

et

- La centrale nucléaire de Gravelines connaît des incidents graves,

- La crise énergétique s’amplifie avec un prix du pétrole et du charbon qui augmente de mois en mois pendant que la demande ne cesse d’augmenter… les gouvernements n’agissent pas.

- Les élevages industriels sont autorisés à s’étendre et augmenteront encore un peu plus la pollution des eaux, notamment en Bretagne

- Le loup sera fusillé encore un peu plus par la nouvelle ministre de l’écologie qui, comme premier acte d’écologie, a de quoi inquiéter tous les protecteurs de l’environnement et portera encore plus mal son titre que Roselyne Bachelot.

- L’accident du tunnel du Fréjus transforme la vallée de Chamonix en pot d’échappement géant

- Aujourd’hui, la journée contre les OGM prouve que rien n’est gagné quand les essais en plein champ augmentent de 20% au mépris absolu du principe, maintenant constitutionnel, de précaution !

IL EST DONC CLAIR, selon moi, que notre priorité des prochains mois est la DEFINITION de notre projet pour 2007 qui est la seule réponse aux questions que nous pourrions nous poser légitimement sur notre avenir.

Car, somme toute, le vote du 29 mai a-t-il changé quoi que ce soit à notre analyse de la société et de la planète ?

Nous n’avons, finalement, une fois de plus, que mesuré que nous ne partageons pas tous le même degré d’acceptation d’un compromis quand celui-ci n’est pas parfait.

Personnellement, je dois avouer que le clivage interne au sein de la gauche et des Verts au lendemain de ce référendum est quelque peu compliqué à gérer.

Mais si nous réussissons à dépasser cette difficulté sans mettre sur la table de fausses questions appelant une clarification que peu arrivent à définir "clairement", je veux imaginer que nous pouvons positiver cette crise. J’imagine par exemple que cela ne serait pas utopique de penser que les Verts pourront formuler début 2006, comme notre calendrier le prévoit, une trentaine de propositions pour changer la France et l’Europe, des propositions qui susciteront l’entraînement et l’adhésion des citoyens, des propositions que nous réussirons à imposer à nos futurs partenaires de la gauche :

- des propositions qui nous feront sortir du nucléaire en 25 ans et qui, dans le temps de la mandature 2007-2012 posera des millions de toits de panneaux solaires et plantera des milliers d’éoliennes partout où il y a du vent.
- des propositions qui axeront la politique de l’emploi dans une logique de temps de travail encore mieux partagé, et de rééquilibrage des revenus.
- des propositions qui feront de nos espaces naturels de véritables zones de protections des milieux fragiles
- des propositions grâce auxquelles la France usera de son influence pour proposer, avec l’Europe, la création d’une véritable institution internationale de protection de l’environnement munie d’un outil juridique par l’intermédiaire d’un tribunal pénal international aux compétences élargies aux délits et crimes contre l’environnement.
- des propositions grâce auxquelles nous réformerons notre fiscalité pour qu’elle serve les objectifs environnementaux et sociaux.
- des propositions parmi lesquelles nous saurons répondre aussi à la crise de légitimité et de représentativité de la classe politique : La proportionnelle, la démocratie participative, et la large réforme des institutions.

Et je pourrais citer d’autres audaces qui, j’en suis sûr, sortiront rapidement de nos groupes de travail.

Et cette radicalité souhaitée par nous tous sera mesurée ou appréciée en janvier 2006 quand nous adopterons notre projet. Et notre volonté de mener à bien ce projet dans un gouvernement sera elle aussi mesurée ou appréciée quand il s’agira d’approuver l’accord que nous aurons négocié avec nos futurs partenaires de la gauche.

Ce qui se passe aujourd’hui ne modifie en rien ce sur quoi nous sommes tombés d’accord à Reims, ni dans le calendrier, ni dans les objectifs.

Il s’agit toujours encore d’élaborer avant la fin de l’année notre programme pour 2007. Il s’agit toujours encore de faire porter ce projet par un candidat vert à la présidentielle. Il s’agit toujours encore de négocier un accord de gouvernement avec la gauche en 2006 pour gagner les élections législatives de 2007.

Pour conclure, je voudrais vous inviter à vous ré approprier le plan de travail que nous nous sommes fixés :

Ce plan de travail a été respecté jusqu’à présent.

Nous devions mener la bataille de la campagne TCE. C’est fait. Il nous faut en gérer les conséquences car le rejet du Traité implique nécessairement que nous prenions des initiatives au plan européen avec les Verts européens et avec la gauche européenne, politique, syndicale et associative. J’en ai parlé. Cela fait l’objet de motions du CE. C’est une charge supplémentaire dans notre programme de travail… mais il est indispensable de se donner cet objectif supplémentaire car nous n’abandonnerons pas le projet européen sur le dos d’enjeux purement nationaux.

Ce plan de travail nous invite maintenant à nous consacrer à notre projet pour 2007.

Le travail a commencé depuis plusieurs semaines, dans les 9 Groupes de Travail, même si, évidemment, il a été ralenti par la campagne. Il faut maintenant que toutes les énergies soient tournées vers l’objectifs de la fin de l’année. En janvier 2006, un CNIR exceptionnel adoptera notre projet pour 2007. D’ici là, les rencontres avec les partenaires associatifs et syndicaux doivent se multiplier. Les élus doivent nous aider en faisant remonter dans les GT les éléments de concrétisations qu’ils mènent à bien. Ce qui marche dans les politiques vertes locales doit nourrir le projet pour 2007. Ce qu’élaborent nos parlementaires doit également nourrir ce projet.

CHERS AMIS DU CNIR,

Un seul message pour conclure : tournons-nous vers notre projet et nos idées. Il n y’ a que sur cela que nos électeurs nous attendent maintenant. Passons 100% de notre énergie à formuler et promouvoir nos propositions. C’est notre rôle, c’est notre utilité.

Yann Wehrling, Secrétaire national


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