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Journées d’été
Les Verts

1er août 2009

Construire à gauche

Lettre de C. Duflot à M. Aubry

Maison commune et l’invitation à l’université d’été du PS : réponse

Cet été est lourd de sens pour toutes celles et ceux qui tentent d’inventer un autre monde. En moins d’un mois, les difficultés dans les négociations préparatoires au Sommet de Copenhague viennent se mêler à la multiplication des plans sociaux dans des conditions indécentes. A la source de ces menaces, une même absence de volonté politique et une incapacité à répondre à l’urgence.

Chère Martine,

La crise que nous traversons est globale et structurelle.
Pour la première fois dans l’histoire du capitalisme, une crise économique majeure remet en cause le modèle de surexploitation des ressources naturelles et provoque une dramatique crise sociale. Notre modèle est à bout de souffle et les remèdes d’hier resteront insuffisants.
Les projets de relance d’une croissance classique sont épuisés face aux limites de la planète et à l’impasse d’une société de surconsommation.
La crise démocratique a entraîné désillusion, désintérêt et abstentionnisme, sans que les dirigeants politiques ne parviennent à redonner un espoir. L’ensemble des forces de l’opposition porte une responsabilité particulière pour créer les conditions d’une alternative.

Il n’y a pas de responsabilité individuelle immédiate à chercher dans les difficultés que traverse l’opposition. Depuis 1993, la gauche et ses alliés sont confrontés à la défaite. Trois élections présidentielles successives ont été remportées par la droite. La victoire de 1997, qui faisait suite à une dissolution inattendue, a permis d’engager des réformes nécessaires, mais sans regagner la confiance de l’électorat.

Le caractère transformateur de l’écologie politique et la rupture qu’elle porte demeurent incompatibles avec des projets conservateurs, libéraux et autoritaires.
Les écologistes ont fait depuis longtemps le choix historique de ne passer leurs alliances éventuelles qu’avec les forces de gauche.
Nous ne pouvons pourtant que constater, en le regrettant, que la droite montre plus d’empressement que beaucoup à gauche à se préoccuper de la crise écologique.
Que dire alors que la droite semble vouloir mettre en place une contribution climat-énergie, quand Lionel Jospin piétinait toute avancée vers une fiscalité écologique ? Que faire alors que l’idée de démocratie écologique et environnementale, ignorée et méprisée par les partis de la gauche traditionnelle, est mise au coeur des engagements du Grenelle de l’Environnement ?

Bien sur nous n’ignorons pas les écarts entre les promesses et les actes de la droite (les débats parlementaires ont plus d’une fois témoignés de son conservatisme). Mais les atermoiements de la droite ne sauraient exonérer la gauche de ses propres responsabilités.

Toutes les réponses techniques ont été recherchées pour faire face à une telle crise. Mais si la droite peut se satisfaire du caporalisme, les valeurs de la gauche sont celles de l’égalité, de l’échange et du partage.
Depuis le 21 avril 2002, la tentation a été forte de penser qu’il suffirait d’uniformiser les formes de l’opposition pour rassembler une majorité. Nous devons aujourd’hui inventer un nouveau modèle. Il faut mettre en oeuvre une table-ronde permanente entre gauches et écologistes, pour construire un nouveau projet de société. Au-delà d’une unité de façade, il nous faut créer les conditions d’un grand débat citoyen, rassemblant partis, syndicats, associations et toutes celles et ceux qui souhaitent participer à l’élaboration d’un projet alternatif.

La gauche est riche de sa biodiversité.
La pluralité de nos projets est une force et non pas une faiblesse. Notre volonté de présenter des listes écologistes aux élections régionales de mars 2010 n’est pas synonyme de division, elle vise à affirmer une vision nouvelle de la nécessaire transformation des régions. Face à une droite autoritaire et libérale, nous avons vocation à ensuite construire ensemble les majorités qui feront les exécutifs régionaux.

Les résultats du 7 juin montrent qu’une véritable envie de politique existe à travers le pays. Un projet écologiste et novateur suscite l’intérêt des citoyens. L’invention de formes politiques au delà de l’étroit cadre des partis politiques permet de faire naître de nouvelles convergences. Le bon résultat des listes Europe Ecologie n’appelle de notre part ni surenchère ni volonté de conserver pour nous seuls le succès. Il nous invite à prendre la mesure des responsabilités que nous ont confiées les citoyens qui se sont reconnus dans cette démarche.
Le résultat des européennes doit permettre d’ouvrir l’ère de nouvelles relations entre nos mouvements politiques. Il existe un espace pour que l’opposition toute entière crée de manière équitable les conditions d’un nouveau débat démocratique en France.
Nous n’en avons pas seulement la possibilité, nous en avons le devoir.

Dans un courrier chaleureux, tu m’as invitée à intervenir à l’Université d’Eté de La Rochelle du Parti socialiste, dans le cadre d’un débat avec Bertrand Delanoë et Benoit Hamon, autour du thème « Penser l’avenir ». Cette invitation peut-être l’occasion de poursuivre le débat entre la gauche et les écologistes et de faire émerger ensemble un projet alternatif face à la crise.
C’est donc avec plaisir que je participerais à ce forum.

Dans l’attente de nous retrouver à La Rochelle, je te prie d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs,

Cécile Duflot,
Secrétaire nationale des Verts


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